Gwendal Hénaff, lauréat i-PhD 2026 et Grand Prix Souveraineté pour 3DCAM Sensors
Gwendal Hénaff, qui a réalisé sa thèse au Laboratoire de physique des plasmas (LPP), est lauréat du concours i-PhD 2026 avec son projet 3DCAM Sensors. Il reçoit également le Grand Prix Souveraineté, qui distingue le potentiel stratégique d’une technologie développée au LPP pour mieux caractériser l’environnement spatial.
Gwendal Hénaff a soutenu sa thèse au LPP en 2024, sous la direction de Matthieu Berthomier, chargé de recherche CNRS au LPP. Ses travaux ont conduit au développement de 3DCAM, une caméra plasma miniaturisée destinée à mesurer les particules chargées présentes dans l’espace. L’instrument permet notamment de déterminer la densité, l’énergie et la direction des électrons et des ions.
Avec 3DCAM Sensors, l’objectif est désormais de faire évoluer cette technologie vers des applications opérationnelles, en particulier dans le domaine de la météorologie de l’espace. Les événements solaires peuvent en effet accélérer des particules chargées susceptibles de perturber les satellites et certaines infrastructures technologiques. Or ces phénomènes restent difficiles à anticiper, notamment en raison du manque de données suffisamment précises pour alimenter les modèles de prévision.
3DCAM Sensors vise ainsi à développer et industrialiser des capteurs compacts capables de mesurer en temps réel l’environnement particulaire en orbite basse. À terme, ces observations pourraient contribuer à améliorer les systèmes d’alerte et permettre aux opérateurs de satellites de mieux anticiper les conséquences d’événements solaires majeurs.
Le développement de 3DCAM repose sur plusieurs innovations mises au point au cours de la thèse de Gwendal Hénaff, parmi lesquelles une nouvelle architecture optique rendue possible par la fabrication additive, une méthode de métallisation sélective et une électronique de détection miniaturisée développée au LPP.
Le projet bénéficie également des moyens d’essais installés au LPP à Jussieu, qui permettent de caractériser et de calibrer les instruments sous vide, sous flux contrôlés d’électrons et d’ions et dans un environnement maîtrisé.
Gwendal Hénaff travaille aujourd’hui avec une équipe d’ingénieurs spécialisés en électronique et en mécanique au développement d’un modèle destiné au vol. 3DCAM a été sélectionné par le CNES pour un vol de démonstration prévu en 2028, une étape importante vers la validation de la technologie en conditions spatiales réelles.
Cette double reconnaissance, lauréat i-PhD 2026 et Grand Prix Souveraineté, marque ainsi une nouvelle étape dans le passage d’une technologie issue de la recherche au LPP vers un projet à vocation industrielle au service de la météorologie de l’espace.